Il y a deux ans, j’ai commandé le nom de domaine paralipse.fr et mis en place la structure de ce blog. J’avais envie d’écrire des articles, mais diverses occupations m’empêchaient, me disais-je, de prendre le temps de les rédiger. À présent, j’ai une vie encore plus remplie, mais davantage de motivation pour coucher sur le clavier quelques pensées...

Un blog pour parler de quoi ?

Les contours de ma ligne éditoriale ne sont pas encore très nets. D’ailleurs, il n’est pas dit qu’ils le deviennent vraiment un jour. Pour l’instant, je consacre beaucoup d’énergie à militer pour une vraie démocratie — j’entends par là un régime où les citoyen-ne-s exerceraient vraiment le pouvoir, ce qui n’aurait donc pratiquement rien à voir avec le régime actuel (oligarchique et ploutocratique).

Je pense que la démocratie serait un type de régime beaucoup plus prometteur que ceux expérimentés jusqu’à présent : monarchies absolues, monarchies parlementaires, monarchies présidentielles, oligarchies ploutocratiques... Il me semble en effet qu’il est d’autant plus difficile d’agir contre l’intérêt général que l’on est nombreux à participer aux prises de décisions. Mais cette hypothèse demande à être confirmée par les faits, aussi suis-je favorable à l’idée d’expérimenter des régimes démocratiques dès l’échelon communal, comme cela se fait actuellement dans les villages de Saillans (Drôme, 1200 habitant-e-s) et de Vandoncourt (Doubs, 800 habitant-e-s).

Depuis que je parle de cela autour de moi, je me heurte régulièrement à des réticences de personnes sceptiques à l’idée qu’une « démocratie directe » (expression qui, à mes yeux, est un pléonasme) serait un régime souhaitable pour la France. Je peux parfaitement comprendre que l’idée de permettre à tout le monde de voter directement les lois en inquiète plus d’un. Aussi, je préfère me rabattre sur une revendication plus unificatrice que l’instauration d’une vraie démocratie : la mise en place d’une assemblée constituante démocratique, ce qui signifie la possibilité pour tou-te-s les citoyen-ne-s de participer au moins à la rédaction et au vote de la Constitution — ce texte qui organise les pouvoirs et surtout qui leur fixe des limites. Cela me paraît non négociable : les citoyens doivent pouvoir rédiger et adopter leur contrat social, évidemment sans confier cette tâche à de futurs gouvernants, sous peine de les laisser écrire des règles qui n’empêchent pas les abus de pouvoir. Je pourrais dire que c’est là ma principale revendication politique.

Si je m’intéresse prioritairement à la problématique de la qualité du processus constituant, c’est parce que cela me semble être la clé pour résoudre de nombreux problèmes politiques. Beaucoup d’associations et de groupements de citoyen-ne-s ont des revendications politiques pertinentes pour l’intérêt général. Malheureusement, ils ne peuvent pas leur donner force de loi, car le pouvoir législatif appartient exclusivement à quelques élus, dont la soumission à des intérêts privés est sans cesse redémontrée. Mais si nous, citoyen-ne-s, écrivions sans l’aide des élu-e-s un nouveau contrat social, nous permettrions sans doute à tous les groupes de citoyen-ne-s ayant des revendications politiques de les faire connaître et de les soumettre au vote par référendum.

Ceci dit, je ne crois pas qu’un société meilleure pourrait advenir uniquement avec des évolutions institutionnelles. Faire évoluer la société, c’est aussi changer des comportements individuels, et s’il y en a bien un qui me paraît particulièrement grave aujourd’hui, c’est celui de ces millions de personnes qui mangent quotidiennement des animaux « parce qu’on l’a toujours fait », parce qu’elles croient que c’est normal, naturel et nécessaire, parce qu’elles s’imaginent qu’on ne peut pas avoir une alimentation équilibrée, savoureuse et bon marché si l’on refuse la viande, le poisson, le lait et les œufs. Cette conception des animaux comme étant des biens de consommation courante « faits pour être mangés » est spéciste. Elle autorise un carnage quotidiennement renouvelé au prix de grandes souffrances pour les animaux, dont les intérêts fondamentaux sont niés. Sans parler des effets nocifs sur l’environnement, la santé, les pays pauvres... Il me semble donc tout particulièrement important de revendiquer l’abolition de l’esclavage des animaux et la fermeture des abattoirs dès aujourd’hui. Pour être approuvée, une idée doit d’abord être formulée et diffusée. Les opposants à l’esclavage des Noirs n’ont pas attendu de pouvoir réécrire la Constitution pour faire émerger un débat sur la moralité de l’esclavage et faire connaître leurs arguments. De la même façon, les antispécistes n’ont pas besoin d’attendre d’avoir du pouvoir politique pour s’opposer à l’exploitation des animaux. C’est un problème dont chaque consommateur d’animaux est en partie responsable, et qui appelle un acte à notre portée : le boycott. Je ne prétends pas pour autant que le changement par la consommation est une méthode d’action politique suffisante, mais elle est certainement nécessaire.

Enfin, une autre de mes principales revendications politiques concerne l’accès à l’information. Beaucoup de gens sont aujourd’hui très mal informés : il est devenu banal que les journaux télévisés s’épanchent sur la neige en hiver et sur les nouvelles lunettes du Président plutôt que sur des sujets de fond. Quant à la presse écrite subventionnée, le travail d’Acrimed tend à montrer qu’elle ne fait pas beaucoup mieux. Il y a bien Mediapart qui semble indépendant, mais s’y abonner a un coût que tout le monde n’est pas prêt à supporter — il est si tentant de se satisfaire des journaux gratuits... Internet présente l’immense avantage de proposer une pluralité d’opinions beaucoup plus vaste que ce à quoi nous avons droit dans les grands médias. Mais la neutralité du réseau est menacée par toute une série d’acteurs qui aimeraient bien surveiller, filtrer et censurer certaines données qui circulent dans les câbles. La Quadrature du Net mène sur ce sujet un travail remarquable qu’il me semble important de soutenir si nous souhaitons continuer de bénéficier d’un Internet neutre.

Les sujets qui m’intéressent mais sur lesquels je m’estime encore trop ignorant : le féminisme, la création monétaire (l’économie) et la non-violence, le langage, la psychologie (les biais cognitifs, les difficultés des groupes et leur inertie)...